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© info241 –  – Les citoyens gabonais s’interrogent si la justice gabonaise a-t-elle encore droit de citer ou est-elle juste une « arme de dissuasion » du régime controversé d’Ali Bongo Ondimba ? Car comment comprendre le silence curieux du procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville, Steeve Ndong Essame Ndong et du ministre de la Justice, garde des sceaux, Alexy Boutamba Mbina face aux poursuites judiciaires concernant Marie Madeleine Mbourantsuo. Pour rappel des faits qui ont mis la justice française à ses trousses, la présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise est soupçonnée de recel de détournements, soustraction ou destruction de fonds publics et blanchiment en bande organisée 

La présidente de la Cour constitutionnelle est depuis 2014 sous le viseur de la justice française, nous a révélé mercredi 22 mars dernier, nos confrères du Canard enchaîné et RFI. Les faits reprochés à la ‘’gardienne des lois gabonaises’’ sont : recel de détournements, soustraction ou destruction de fonds publics et blanchiment en bande organisée. L’enquête préliminaire est menée par le parquet national financier de Paris sans qu’aucune audition ni enquête n’ait été diligentée par le Parquet actif de Libreville. Sans que le ministre de la justice gabonaise ne s’exprime sur une affaire qui jette l’opprobre tout de même sur la gardienne des lois gabonaises.

Les seuls sons de cloche que nous avons de la part du gouvernement gabonais sont celui du Premier ministre gabonais, Emmanuel Issoze-Ngondet et du ministre de la Communication, Alain-Claude Bilie By Nze, qui ont respectivement demandé à la France de s’occuper des affaires françaises. Le porte-parole du gouvernement a dénoncé également une campagne judiciaire française visant à « salir » l’honorabilité de celle qui dirige depuis 24 ans la Cour constitutionnelle gabonaise. Sans pourtant s’exprimer sur le fond ou sur les faits de cette affaire d’enrichissement illicite en pleine opération dite ’’Mamba’’. Ces sorties publiques gouvernementales seraient-t-elles une fuite en avant ou un énième déni de la réalité des délits présumés qui mettent en cause une allié patenté du palais du Bord de mer ?

Plusieurs citoyens s’interrogent sur la probité de Mme Mbourantsuo, car c’est elle qui est censée encadrer la loi fondamentale gabonaise, mère des lois. Mais surtout sur le rôle de la justice gabonaise qui brille par un deux poids, deux mesures. Une justice à deux vitesses pour certains. Où est passé le très offensif et médiatique procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville M. Steeve Ndong Essame Ndong ? Pourquoi n’entend-on pas M. Alexy Boutamba Mbina, ministre de la Justice, garde des sceaux dans l’affaire Mbourantsuo ou dans les détournements présumés d’Issozé-Ngondet et de Billie By Nzé dans le scandale de La poste gabonaise ?

Interrogé par Info241, un juriste gabonais s’est indigné en ces termes : « Mme Mbourantsuo est le mal de la démocratie gabonaise. Elle est devenue une spécialiste des contentieux postélectoraux à sens unique. En plus on découvre désormais que c’est une richissime femme d’affaires qui possède des biens immobiliers en France, à Monaco, en Afrique du Sud et partout en Occident. D’où provient donc sa richesse dont elle tire les bénéfices d’une vie opulente pendant que les gabonais croupissent dans une pauvreté criante ? ».

Un avocat gabonais n’est pas allé de main morte en affitmant : « Mme Mbourantsuo monnayerai-t-elle ces jugements préconçu et souvent partial pour vivre comme une milliardaire femme d’affaires possédant des comptes bancaires avec des sommes éléphantesques ? En plus, tous alimentés principalement en cash ? Quelles sont ces activités illicites qui ont contraint la justice française à s’en mêler et en saisir déjà pas moins de 724 millions de nos francs ainsi que plusieurs biens immobiliers ? La justice est rendue au nom du peuple gabonais. Nous sommes en droit de réclamer que la lumière soit faite sur cette affaire qui entache à nouveau notre pays à l’international ».

« Et que fait la justice gabonaise pour que ça soit celle de la France qui puisse mener une enquête sur cette affaire qui date de 2014 ?  » S’est interrogé un cadre de l’administration gabonaise. Tout en ajoutant : « l’opération mamba diligentée par le gouvernement gabonais en lien étroit avec la Justice, censée traquée les délits financiers ne peut-elle pas auditionnée la fondatrice de l’établissement universitaire privé Berthe et Jean ? On se souvient des sorties publiques très médiatisées pour des mises en demeure répétées contre Jean Ping dans l’affaire sordide des ’’cafards’’ ».

Mais aussi, va-t-il expliquer « des mandats d’arrêt compulsifs du procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville, contre le fils de l’opposant gabonais, Franck Ping. Sans omettre ceux qui visent, Yves de Saint Fidèle Mapakou, le récent fugitif Hervé Ndong Nguema et l’ancien P-DG du groupe Poste S.A., Alfred Mabika-Mouyama. Le procureur Steeve Ndong Essame Ndong perd-t-il sa vivacité de la lecture du code pénal gabonais quand il s’agit des proches du régime de Libreville ? Jusqu’à présent on ne l’a pas du tout entendu dans l’affaire de La Poste gabonaise, s’agissant des accusations contre Franck Emmanuel Issoze-Ngondet, Alain-Claude Bilie Bi-Nzé, Alain Ba Oumar dans de l’affaire des détournements présumés des subventions de l’État gabonais qui ont conduit à la faillite de La Postbank ».

Pour un magistrat gabonais qui a requis l’anonymat : « Où est donc passé le magistrat M. Steeve Ndong Essame Ndong ? Et pourtant, ce dernier ne va jamais dans le dos de la cuillère, quand il s’agit des membres de l’opposition gabonaise ou des citoyens tombés en disgrâce d’avec le régime d’Ali Bongo Ondimba qui sont au pilori. Ou encore lorsque ce fût le cas de trancher et de dire le droit, en manquant parfois d’humanité pour expulser les populations gabonaise dit occupants illégaux des logements sociaux d’Angondjé et de Bikélé, le parquet de Libreville, aux noms des parties prenantes à cette opération était sorti du bois. Cette manière récurrente de politiser la justice au Gabon fait en sorte que cette digne profession soit souillée. Les gabonais n’ont plus confiance à la justice gabonaise ».

Il faut souligner que dans l’opinion publique gabonaise, Marie Madeleine Mbourantsuo s’est toujours distinguée par des jugements des contentieux postélectoraux en faveur du régime Bongo-PDG. Ce, depuis 1991, date de la création de cette institution constitutionnelle qui a fait le lit de la longévité d’Omar Bongo dont tenez-vous bien, elle a été la maîtresse attirée. Ayant même eu des enfants avec le défunt président gabonais. Il faut donc se remémorer pourquoi le défunt leader de l’opposition gabonaise, Pierre Mamboundou l’avait qualifiée en 2005 lors du contentieux électoral qui l’opposait à Omar Bongo « de présidente de la Cour constitutionnelle par défaut  ».

Rappelons que la justice française reproche à Marie Madeline Mbourantsuo, l’utilisation de colossales sommes d’argents versées en liquide pour approvisionner ses nombreux comptes à l’étranger. Les enquêteurs français ont même réussi à saisir lors de l’un de ses séjours dans l’hexagone, la bagatelle somme de 100.000 € en espèces soit près de 66 millions de nos francs. Des sommes qui laissent songeur sur leur origine car n’empruntant pas les circuits conventionnels. Sinon comment comprendre que la doyenne du droit constitutionnel ait autant de comptes bancaires à l’étranger dont certains reconnus comme des paradis fiscaux ? Que fait donc la justice gabonaise depuis 2014 que cette enquête vise l’une de ses plus hautes représentantes ? Jusqu’à cet instant, aucune audition ni enquête n’ont été diligentées par les instances judiciaires gabonaises.

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