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Mon soutien à une liberté fondamentale : la liberté de culte.

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Discours à la Nation du 21 octobre 2020

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Lien vidéo : Facebook

Dès les premiers instants de la pandémie de la Covid-19, en mars 2020, des mesures drastiques ont été mises en place en République gabonaise. L’une de ses mesures est la fermeture de tous les lieux de culte. Ces mesures prévues pour un délai de 45 jours sont aujourd’hui toujours appliquées alors que les chiffres de contamination et de décès sont en net recul. Face à cette situation et en dépit de consultations sans réponses satisfaisantes, l’ensemble des confessions religieuses ont décidé d’ouvrir leurs lieux de cultes dans le stricte respect des mesures sanitaires (port du masque obligatoire et distanciation) le dimanche 25 octobre 2020, le dernier dimanche d’octobre réservé à la dédicace des églises. C’est dans ce cadre et suite à une longue phase de consultation et d’écoute que le Président de la République Jean Ping a décidé de s’adresser à la Nation.

M’appuyant à nouveau sur ce pacte de confiance et de fidélité avec le peuple Gabonais, et conscient que le Gabon est une République indivisible et laïque, qui assure notamment l’égalité de tous devant la loi, j’ai décidé de m’adresser à la nation ce jour.

La liberté de religion

[…] C’est mon devoir, de fixer les Gabonais, particulièrement dans le contexte actuel, quand le pays fait face à l’indifférence cynique du régime et aux attaques qu’il livre, en l’occurrence, contre la liberté de religion. […]

En toute légitimité, il me revient de rappeler que la liberté de culte est un droit fondamental. Comme telle, elle est consacrée par notre Constitution, parmi les droits fondamentaux.

En piétinant la liberté de culte, ce régime affiche son mépris le plus profond de la loi.

Il montre une fois de plus, son indifférence à l’égard de la très grande communauté de nos compatriotes, attachés à leur foi et à la source que constituent les diverses confessions religieuses actives dans notre pays.

Depuis plusieurs mois, tout le monde a compris qu’en touchant le Gabon, la pandémie de la COVID-19 a donné un nouveau prétexte au régime en place, pour bâillonner les droits fondamentaux. Ce prétexte a donné lieu à d’autres dérives sous divers plans : financiers et budgétaires, économiques, sanitaires et sociaux.

Le Gabon sous une dictature

[…] Voici plus dix ans que le Gabon est sous le régime de la violation des droits fondamentaux.

Depuis l’arrivée de la pandémie du COVID-19, la violation des droits fondamentaux par le régime dictatorial, devenue systématique, est plus préoccupante que jamais.

Dans son aveuglement, le régime va ainsi jusqu’à intimider et menacer des responsables religieux dont le seul tort est de s’opposer à l’abus de droit. Abus de pouvoir et pouvoir exorbitant s’exercent contre des ministres de la foi qui font l’objet d’arrestations humiliantes et déshonorantes, sous le regard des fidèles et de l’ensemble des Gabonais.

Les agissements du régime ne font ainsi qu’élargir et confirmer le règne de la terreur que le régime a renforcé en 2016, après le rejet exprimé par les Gabonais à la faveur des élections présidentielles.[…]

La peur devenue plus présente dans ce contexte, réduit au silence les différentes forces vives de la nation.

[…] Aux côtés de ces communautés, j’exprime solennellement mon plein soutien à leur volonté de dénoncer et de surmonter ouvertement, la peur qui n’est rien d’autre qu’un artifice du régime pour s’imposer à un peuple qu’il ne peut plus gouverner dans le respect des principes de la République.[…]

Un des piliers de la société.

Les confessions religieuses constituent en effet, un des piliers de la société gabonaise, comme dans de nombreux pays à travers le monde. Au-delà de la foi et des valeurs, leur rôle est reconnu, dans des domaines aussi importants que l’éducation, la santé et l’assistance sociale.

Avec la retenue, la patience, le sens des responsabilités et la sagesse qui les caractérisent, les gardiens de la foi ont fait preuve de conciliation. Ils ont fait des propositions constructives tenant compte de la situation exceptionnelle créée par la pandémie. Ils ne reçoivent que le mépris assorti de menaces.

La réouverture des lieux de culte

Devant le risque de la paralysie totale de leur mission sacrée et le désarroi grandissant de leurs fidèles, les responsables religieux constatent, en prenant à témoin la Nation, que la fermeture des lieux de prière et de culte ne se justifie plus.

En faisant ce choix, le clergé gabonais affirme son attachement pour la liberté, l’amour de Dieu et de notre pays, aujourd’hui menacés par les forces obscures de la tyrannie et de l’oppression barbares.

Loin d’être un acte de défiance ou de rébellion, la réouverture des lieux de culte est un acte de droit.

Ce moment est une manifestation de l’union sacrée, dans un pays consacré à Dieu.

Il est heureux que cet appel nous vienne aujourd’hui des serviteurs de Dieu.

Avec vous debout, le Gabon marche.

La voix de Dieu inspire la voix du peuple.

« Chers compatriotes, soyez assurés de mon soutien. »

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