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Jean Ping interviewé par le média Deutsche Welle

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Gabon : « Jean Ping critique l’absence prolongée d’Ali Bongo ».

Le 15 février 2019, le président de la République élu Jean Ping a donné une interview au média allemand DW (Deutsche Welle). Le président Jean Ping (JP) a livré son analyse sur la situation du Gabon. Intégralité de l’interview en PDF 

Je vous le répète, inéluctablement nous allons triompher !

[extraits de l’interview]

LA SITUATION DU GABON ET D’ALI BONGO ONDIMBA

Le pays sombre chaque jour dans le chaos. Ali Bongo Ondimba est absent depuis 4 mois en convalescence au Maroc suivant les indications des autorités gabonaises. [DW] : Est ce que ça ne va pas impacter sur l’évolution ou sur la vie normale de la nation gabonaise ?

[…] JP: D’abord sur la question, je me garde de spéculer s’il est vivant, s’il est mort ou les «on dit», mais «la vérité n’a pas de tombe, elle finit toujours par se savoir.» Le reste importe peu !

Les institutions du pays sont mises à mal, depuis les élections de 2016 et, depuis que la direction du pays est confisqué de force, dans les larmes et dans le sang, par un usurpateur qui comme tout le monde le sait a perdu largement les élections de 2016.

VOTRE COMBAT

Tout le monde sait que le Président Jean Ping a gagné l’élection présidentielle 2016. Le peuple souverain gabonais reste toujours au côté de celui qu’il a élu.

DW: Trois ans après vous n’avez toujours pas réussi à renverser la tendance, que vous reste-t-il comme moyens d’actions pour espérer peut-être faire respecter le verdict des urnes ?

JP: … c’est un objectif permanent et je bénéficie contrairement à ce que vous pouvez imaginer d’un très large soutien de la population, et cela se manifeste par l’ingouvernabilité du pays, depuis que les usurpateurs ont confisqué la direction de ce pays par la violence, par le feu, par le sang, par le pillage. Le pays est devenu ingouvernable, le Gabon est sur fond de lutte soutenue, plongée dans une crise multiforme, une léthargie permanente.

Le régime qui se manifeste par la force n’a pas de réponse politique à cette situation qui perdure. La reconnaissance de la vérité des urnes représente la seule réponse viable.

RETOUR SUR LES LÉGISLATIVES

DW: Est ce que vous ne regrettez pas de n’avoir pas présenté des candidats lors des dernières élections législatives?

JP: Mais les dernières élections législatives ont été organisées par un pouvoir usurpateur, un pouvoir illégitime, un pouvoir dictatorial… Dans de telles circonstances nous avons pensé que l’organisation d’élection par ce pouvoir, c’est une farce qui vise à tenter de légitimer un pouvoir illégitime. Mais comme vous l’avez peut-être constaté 80 à 90 % de la population n’a pas pris part à ces élections.
10% à peine ont pris part à ces élections, et les résultats sont là !

DW: N’empêche… Est ce qu’en étant absent de l’Assemblée Nationale, est ce qu’il ne vous manque pas une voix une tribune pour exprimer vos idées, vos préoccupations ?

JP: Tout est conséquent, il faut absolument être conséquent. L’objectif du régime est de faire ce que vous suggérez en ce moment pour le légitimer.

Nous ne pouvons pas légitimer un pouvoir illégitime et illégal, qui dirige le pays uniquement par la force…

L’INVITATION DE L’ONU.

Les autorités gabonaises n’ont pas jugé bon de retransmettre au président de la République élu Jean Ping l’invitation officielle que l’ONU avait adressée à ce dernier. M Lounceny Fall, représentant des Nations Unies, accusé par beaucoup de collusions avec le régime en place, a remis également une invitation.

[…]DW: Et maintenant, qu’est ce que vous allez faire ? Vous allez demander peut-être que l’ONU hausse un peu le ton pour que cette mesure de « résidence surveillée » dont vous faites l’objet puisse être levée ?

JP: Je n’ai pas à donner de leçons à l’ONU. L’ONU fait ce que bon lui semble. Je ne critique pas l’ONU au contraire, elle m’a envoyé cette invitation et, vous savez aussi que même si l’invitation m’avait été transmise par l’une ou l’autre des voix appropriées, je n’aurais pas pu voyager puisque mes passeports sont confisqués par le Ministère de l’Intérieur. Je n’ai donc pas de papiers.

LA RESISTANCE

Depuis l’élection présidentielle, les compatriotes de la diaspora manifestent et revendiquent la restitutions du pouvoir au président élu Jean Ping.

|…]DW: Ces derniers temps sur les réseaux sociaux, on a comme l’impression qu’on assiste à une sorte de montée en puissance, d’une sorte de radicalisation des gabonais, notamment ceux de la diaspora. Est ce que vous avez le même sentiment ?

[…]JP: Nous enregistrons de plus en plus d’actes extrêmes notamment des suicides, dans les rangs de la résistance la radicalisation gagne les esprits.

Nous n’avons pas cessé d’attirer l’attention des uns et des autres sur ce type de risques dont le plus grave serait le basculement collectif dans la guerre civile.

Le seul responsable de ces risques est l’aveuglement du régime usurpateur. Tout cela est à prendre très au sérieux et nous le prenons au sérieux. Nos partenaires aussi feraient mieux de les écouter et surtout de les entendre.

QUEL MESSAGE ?

DW: Ok. Dernière question : quel message avez-vous à lancer à l’endroit de vos supporters ou de façon globale à vos compatriotes les gabonais ?

JP: Je voudrais d’abord cher Éric attirer votre attention, sur ce que nous considérons comme le comportement exemplaire, clair, sans ambages de l’autorité allemande, l’Allemagne de Mme Merkel.
Elle ne regarde pas la paille qui est dans l’œil de l’autre en approuvant ici et là les condamnations en acceptant ce qui s’est passé au Gabon, et en condamnant ce qui s’est passé en RDC ou au Venezuela. Cette position conséquente de l’Allemagne est claire partout. L’Allemagne défend des principes et nous voulons rendre hommage à Mme Angela Merkel.

Mes compatriotes savent. Je vis au Gabon. Je m’adresse à eux pratiquement en permanence à travers les réseaux sociaux puisque nous sommes privés de télévision comme vous imaginez.

La télévision d’État, les organes de communication d’État sont confisqués et nous ne pouvons pas nous adresser à eux directement mais nous avons des voix de communication de masse, les réseaux sociaux mais aussi certaines radios et à travers des voix comme la vôtre la Deustche Welle, que les gabonais suivent. Ils savent que nous sommes avec eux et qu’inéluctablement, je vous le répète inéluctablement nous allons triompher !

https://www.dw.com/fr/gabon-jean-ping-critique-labsence-prolong%C3%A9e-dali-bongo/a-47540518

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