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Par ouest France le 01 juillet 2017

Une juge d’instruction française a décidé d’enquêter sur d’éventuels crimes contre l’humanité perpétrés lors des violences post-électorales au Gabon en 2016 après la victoire d’Ali Bongo à la présidentielle.

Pillages, manifestations sévèrement réprimées, interpellations par centaines : le Gabon avait été pendant plusieurs jours le théâtre de violences après l’annonce le 31 août 2016 de la victoire du chef de l’État sortant Ali Bongo Ondimba, toujours contestée par l’opposant Jean Ping.

En septembre 2016, une plainte avait été déposée en France pour « arrestation et détention arbitraire en bande organisée, torture et actes de barbarie en bande organisée, tentative d’assassinat et crime contre l’humanité ».

Une nuit d’« horreur et de carnage »

Le plaignant, un Franco-Gabonais d’une trentaine d’années qui souhaite garder l’anonymat, avait été arrêté la nuit du 31 août au 1er septembre au quartier général de Jean Ping. Il avait décrit une nuit d’« horreur et de carnage » au cours de laquelle des dizaines de personnes ont été blessées ou tuées par des hommes cagoulés dans l’attaque « méthodique » du QG.

Le dépôt de cette plainte avec constitution de partie civile avait automatiquement conduit à l’ouverture, le 20 avril 2017, par le parquet de Paris d’une enquête confiée à une juge d’instruction.

Le ministère public avait retenu les qualificatifs d’arrestation et détention arbitraire, de torture et actes de barbarie, de tentative d’assassinat, mais pas celui de crime contre l’humanité.

« Crime contre l’humanité » ou « crime de guerre »

Le 26 juin, la juge d’instruction a retenu ce dernier chef : « Aucune investigation n’a été réalisée, il ne peut être d’emblée considéré que les faits qualifiés de crime contre l’humanité n’ont pas été commis », estime-t-elle.

« C’est la première instruction ouverte en France pour crime contre l’humanité qui vise Ali Bongo et ses sbires », a relevé l’avocat du plaignant, Me William Bourdon, mettant en avant le caractère « généralisé, systématique, organisé du massacre ».

L’ouverture de cette enquête intervient alors qu’une mission de la Cour pénale internationale (CPI) a procédé la semaine dernière à Libreville à l’examen préliminaire des plaintes déposées par le gouvernement, le camp de Jean Ping, et 15 ONG.

Les conclusions de cette mission vont être transmises au parquet de la CPI qui décidera ou non de l’ouverture d’une enquête pour « crime contre l’humanité » ou « crime de guerre ».Une seconde plainte, déposée par un ressortissant franco-gabonais arrêté à Libreville le 28 août 2016 et libéré après deux mois de détention, a donné lieu à l’ouverture en France d’une autre information judiciaire.

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