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Jean Ping: « La crise des Grands Lacs est longue et difficile à régler »

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©infosgrandslacs, mardi 1er mars 2016

Bruxelles – « La crise des Grands Lacs est longue et difficile à régler », a déclaré l’ex Président de la Commission de l’Union Africaine, Jean Ping dans un entretien accordé à Infos Grands Lacs au cours de son passage à Bruxelles pour promouvoir sa campagne présidentielle au Gabon. D’ici fin 2016, les Gabonais se rendront aux urnes pour élire leur prochain président de la République. La campagne risque de tourner à un duel entre Jean Ping et le président sortant, Ali Bongo, qui hier a déclaré sa candidature. 

En commentant l’actualité des Grands Lacs, Ping s’est dit convaincu que « ce qui se passe au Burundi a forcément des répercussions au Rwanda, dans l’est de la RDC, en Tanzanie et en Ouganda. C’est le genre de crise qui commence au niveau national et qui dégénère très vite en conflit régional. Et lorsque l’on sait qu’il y a eu des génocides dans cette région, à commencer par celui rwandais qui a fait un millions de morts en 1994 et dont les répercussions dans les pays voisins ont été dramatiques, il faut absolument tout faire pour arrêter le feu qui se propage dans la maison du voisin ».

« Je constate que l’Ouganda essaie de le faire avec Museveni dans le rôle de médiateur », a ajouté l’ex ministre des Affaires étrangères d’Omar Bongo entre 1999 et 2008, « mais la Tanzanie est un acteur crucial dans la crise burundaise. Il faut favoriser un retour au dialogue, et envisager en même temps que la situation peut empirer, chose que je ne souhaite évidemment pas. Dans ce cas, il faut déployer les moyens qui s’imposent ».

Dans cette interview, Jean Ping s’est aussi longuement exprimé sur le conflit qui oppose certains pays africains à la Cour Pénale internationale. « Je comprends la position des pays africains », a-t-il déclaré. « La création de la CPI avait suscité beaucoup d’espoir, et les africains ont adhéré massivement au Traité de Rome, croyant à la justice et à l’égalité de la Cour Pénale Internationale. Mais ils se sont progressivement aperçus que la CPI donnait le sentiment de ne juger que les Africains ».

Enfin, au début de l’entretien, le candidat à la présidentielle gabonaise fait le point sur sa campagne électorale pour dénoncer sans détour « les conditions extrêmement difficiles » dans lesquelles il doit mener campagne. « Il nous est interdits de nous réunir ni sur la place publique, ni dans les stades, ni dans les hôtels, dont les propriétaires ont peur de nous accueillir. Nous sommes contraints de faire campagne dans des terrains vagues, des carrières ou chez des privés qui nous logent et nourrissent. Et ce n’est pas plus mal, car cela nous rapproche des gens. »

Propos recueillis par Joshua Massarenti pour Infos Grands Lacs, en collaboration avec VITA/Afronline (Italie).

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