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africapostnews.com – Publié le 15 Mars 2017 – Le gouvernement gabonais est très remonté contre le Conseil des droits de l’homme de l’Union européenne (UE). Dressant un état des lieux de la situation des droits humains sur la planète, la délégation permanente de l’UE à Genève s’est dite préoccupée par les allégations d’exécutions extrajudiciaires, de torture et de disparitions forcées au Gabon suite à l’élection présidentielle d’aout 2016. Pour le gouvernement gabonais, qui a vivement réagi, rien de tout cela n’aurait existé.

La 34e session du Conseil des droits de l’homme de l’Union européenne se tient à Genève (Suisse) du 27 février au 24 mars. Le 9 mars dernier, la délégation permanente de l’UE a présenté au haut-commissaire aux droits de l’homme la situation des  droits de l’homme dans le monde.

Exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, torture et arrestations arbitraires

S’arrêtant sur le cas spécifique du Gabon, la délégation permanente de l’UE s’est montrée vivement préoccupée.

«Les allégations de violations graves des droits de l’homme perpétrées au Gabon à la suite des élections présidentielles de l’année dernière, notamment les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées, la torture et les arrestations arbitraires, soulèvent de sérieuses inquiétudes.» a déclaré la délégation permanente de l’UE.

Les membres de la délégation ont déploré le black-out judiciaire sur les événements postélectoraux au Gabon malgré les appels de la communauté internationale à faire la lumière. Les Européens ont dénoncé une forme d’impunité des responsables des violences.

«Aucune enquête sérieuse n’a été menée pour établir la vérité et veiller à ce que les responsables soient traduits devant la justice malgré les appels de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples et l’examen préliminaire à la CPI.» a rappelé la délégation permanente de l’UE.

Poursuivant sur le Gabon, la délégation permanente de l’Union européenne à Genève a apporté son soutien à la mission d’évaluation prévue par le Haut-commissariat aux droits de l’homme qui doit se rendre au Gabon au sujet des violences postélectorales.

«Le Gabon est un état de droit démocratique»

Face aux  déclarations de l’UE, le gouvernement gabonais, accusé  également par son opposition d’avoir organisé des violences contre les populations civiles entre aout et octobre 2016, a vivement réagi.

Ainsi, le 10 mars la réponse aux déclarations de la délégation permanente de l’Union européenne a-t-elle figuré en bonne place dans le communiqué final du Conseil des ministres.

«Le Conseil des ministres rejette avec la plus grande fermeté, les allégations tendancieuses, irresponsables et sans fondements de la Délégation permanente de l’Union européenne à Genève, hier jeudi 09 mars 2017, car, il n’y a jamais eu, dans notre pays, ni déportations ni disparitions forcées, encore moins de torture sur des opposants ou d’exécutions extrajudiciaires comme cela a été prétendu.» a martelé le gouvernement gabonais.

Pour le Conseil des ministres gabonais, les déclarations des Européens participent d’une campagne de dénigrement. Pour l’exécutif de ce petit pays d’Afrique centrale, le Gabon est un pays démocratique et un État de droit.

«Le Gabon est un état de droit démocratique et le Gouvernement de la République n’entend pas laisser ternir son image et se réserve par conséquent le droit d’engager toutes les actions nécessaires pour mettre fin à cette campagne de dénigrement.» a conclu le communiqué final des travaux du Conseil des ministres.

Le 27 aout 2016, le Gabon a organisé sa 5e élection présidentielle multipartite depuis le retour de la démocratie dans le pays en 1990. L’annonce de la victoire d’Ali Bongo a donné lieu à une vague de protestation violemment réprimée. Le 31 aout, le quartier général (QG) de campagne de l’opposant Jean Ping a été attaqué par l’armée nuitamment. Des leaders de l’opposition ont été retenus de force à l’intérieur du QG pendant plusieurs jours. Le gouvernement avait déclaré avoir arrêté plus de 1 000 personnes et n’a reconnu que 3 morts. L’opposition conteste le bilan officiel, pour le bilan s’élève à plus de 100 morts. Près de 7 mois après l’élection, la victoire d’Ali Bongo est toujours contestée par son principal adversaire Jean Ping et une large frange de l’opposition gabonaise.

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