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Aux Gabonaises et Gabonais de l’Etranger Parvis des Droits de l’Homme Trocadéro, Paris, le 29 Octobre 2016

Je ne suis en France que pour quelques jours, mais je ne pouvais ne pas venir vous saluer, vous qui depuis 9 semaines maintenant manifestez pour le respect de votre droit à choisir vos dirigeants.

En effet, le 27 août dernier, vous m’avez élu à la tête de la République Gabonaise, mais, le gouvernement dictatorial en place, tente de nous voler, de vous voler cette victoire à travers un coup d’état militaro- électoral, parce que c’est d’abord de vous, peuple gabonais dont il est question. C’est votre victoire avant d’être la mienne. C’est la victoire d’un peuple décidé à prendre en main son destin. Vous avez choisi de vous battre pour arracher votre pays de la déchéance en optant pour une alternance démocratique au pouvoir.

Pendant des années, vos revendications en tous genres n’ont jamais été entendues. Pire, lorsque vous les exprimiez, on vous répondait, « les chiens aboient, la caravane passe ». Mais, parce qu’aujourd’hui, vous ne pouvez plus supporter la situation chaotique dans laquelle se trouve notre pays, à cause de la mal gouvernance dont il est objet depuis si longtemps, vous avez dit « 2016 ne sera pas 2009 ». J’ai aussi entendu que vous avez dit que « les panthères ont remplacé les chiens » et vont stopper la caravane, mieux, elles vont la renverser.

Le monde a été surpris par la résistance que vous, peuple gabonais, vivant hors de votre pays opposez à ce régime et ce dans tous les coins du monde où vous vous trouvez. On a vu des gabonaises et des gabonais organiser des manifestations dans tous les pays du monde, même là où, on ne pensait pas les trouver, comme à Rio de Janeiro au Brésil et au Japon. Gabonaises, Gabonais, vous êtes devenus un modèle de résistance.

Je voudrai ici, saluer et remercier toutes les communautés amies qui n’ont cessé de manifester leur soutien à la cause que nous défendons à savoir, le respect du résultat du vote du peuple gabonais.

Le combat n’est pas encore terminé. Nous avons stoppé la caravane, maintenant, nous devons la renverser et récupérer notre victoire. Et pour cela, il nous faut rester mobilisés encore quelques temps. En dépit de la terreur qu’ils ont voulu nous infliger, la peur aujourd’hui a changé de camp. La preuve, je suis ici aujourd’hui quand l’usurpateur n’ose même plus sortir du palais dans lequel il s’est bunkerisé.

Après avoir tenté de voler notre élection, après avoir massacré nos frères et sœurs, nos fils et nos filles, nos pères et nos mères, qui manifestaient pacifiquement pour le respect de leur droit les plus élémentaires, ils osent nous appeler au dialogue. Ils essaient de diviser votre mouvement parce qu’il leur fait mal en rappelant au monde entier leur forfaiture, leur illégalité et leur illégitimité. Je vous l’affirme encore aujourd’hui, nous ne dialoguerons pas avec des assassins. Ils ont perdu l’élection, ils doivent partir, un point, c’est tout.

Le peuple gabonais resté sur le territoire national est on ne peut plus fier de vous, gabonaises et gabonais de l’étranger. Je tenais à vous le signifier personnellement et à vous dire, ne lâchez rien, nous sommes entrain d’écrire une nouvelle page de l’histoire de notre pays. Une histoire durant laquelle tout notre peuple sera mis à l’abri du besoin et de la peur.

Vive la diaspora, vive la démocratie, pour que vive le Gabon.

Je vous remercie.

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