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Allocution de S.E.M. Jean PING

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Commémoration de la Journée des Martyrs, 31 août 2018

Le 31 août 2018, à Libreville, lors de Commémoration de la Journée des Martyrs, le Président S.E.M Jean PING s’est adressé à la Nation.
Texte dans son intégralité en PDF : AllocutionPRCommemoration31082018

La date du 31 août décrétée « Journée des Martyrs »

31 août 2016-31 août 2018, le peuple gabonais commémore, dans la douleur et le désarroi, le triste souvenir de la répression sanglante de la légitime contestation des résultats truqués de l’élection présidentielle du 27 août 2016. Au cours de sa jeune histoire politique, notre cher pays, le Gabon a souvent vu bon nombre de ses enfants tomber tour à tour, victimes de la lutte patriotique pour le retour au multipartisme et à la démocratie. Et plus récemment encore, dans la noble bataille pour l’instauration d’une véritable alternance démocratique.
Ainsi, pour nous, la date du 31 août doit être décrétée journée des martyrs, car, tous ceux qui sont tombés ce mémorable jour ont encore une fois de plus, et hélas une fois de trop versé leur sang, donné leur vie pour la Patrie. Aux braves pionniers du combat patriotique pour la liberté et la souveraineté du Gabon, se sont ajoutés tous les autres martyrs de la lutte pour le multipartisme et la démocratie et tous ceux qui furent arbitrairement arrêtés, emprisonnés et torturés par la volonté dictatoriale d’un pouvoir aujourd’hui dynastique qui a toujours répondu par une violence sourde et aveugle aux revendications légitimes du peuple.
[…]
En cet instant solennel, nos pensées vont à tous nos prisonniers à tous nos blessés, à tous nos disparus, à tous nos morts de Port-Gentil, de Libreville et de tout le Gabon.
Qu’ils sachent que jamais nous ne les oublierons et que leur sacrifice ne sera pas vain.

Aucun pouvoir n’est éternel.

[…] Au moment où de nombreux compatriotes sont confrontés à l’arrogance des détenteurs du pouvoir sanguinaire, il est important que chaque Gabonaise et chaque Gabonais se rappelle que nous avons tous le devoir envers Dieu, les Hommes et l’Histoire de libérer notre pays et d’offrir à notre descendance un avenir serein et prospère.
Le Gabon a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils pour se libérer.  Les libérateurs du Gabon tout comme nos martyrs appartiennent à toutes les provinces et à toutes les ethnies. Ainsi, par humanisme et par patriotisme, nous avons la lourde responsabilité de donner un sens au sang versé par nos vaillants compatriotes. Ces vaillants compatriotes ne désiraient qu’une chose : vivre dans un Gabon juste et prospère à l’abri du besoin et à l’abri de la peur. Face à la situation politique actuelle, consécutive à la sanglante crise post-électorale qui sévit encore dans notre pays, nous avons le devoir de choisir une alternative, d’offrir une perspective à notre cher pays : l’alternance et la liberté.
Pour y arriver nous n’avons qu’une force : le courage, le patriotisme et la foi. Le courage, c’est-à-dire, reconnaître l’échec et l’incompétence du pouvoir usurpateur à offrir des routes, des écoles, l’emploi et un avenir ; c’est-à-dire, s’élever au-dessus de l’appartenance ethnique ou provinciale pour poser des actions fortes en faveur du Gabon. Le courage, c’est aussi savoir dénoncer et agir contre les injustices, la criminalité et l’oppression. Enfin, le courage c’est savoir dire non, pouvoir se révolter, penser au peuple et agir pour le protéger.
[…]
Chacun à son niveau doit faire ressortir cette conscience citoyenne qui nous permettra d’unir nos forces et notre énergie pour libérer le Gabon.
Nous avons besoin d’être des patriotes pour éviter à notre pays de sombrer dans les affres du sous-développement éternel. Nous avons besoin d’être patriotes pour nous insurger contre la mise en faillite de notre économie, l’exploitation abusive et intolérable de notre faune, notre flore et nos richesses minières par des gens qui ne sont mues que par un seul dessein : jouir éternellement des ressources du Gabon et faire souffrir les Gabonais. Nous avons besoin d’être des patriotes pour restaurer, respecter et défendre en toutes circonstances la dignité du citoyen gabonais.
[…]

Agir par patriotisme

[…] Nous devons nous remémorer de cette formidable énergie patriotique qui a fédéré les Gabonais du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest pour aboutir à la candidature unique qui nous a permis de remporter brillamment l’élection présidentielle du 27 août 2016. Par cet acte fort et patriotique nous avons démontré à la face du monde la maturité et l’unité du peuple gabonais.  Et c’est naturellement parce que cette unité a été mise à mal par le manque de probité de certains leaders, que la dictature à l’agonie a pu résister jusque là.
Mais la dégradation progressive et alarmante de notre tissu économique doit nous ramener à l’évidence, que le pouvoir n’a plus rien à offrir  aux Gabonais si ce n’est que l’austérité, la pauvreté et la faillite. Cette situation désastreuse pour l’avenir et le devenir de notre pays doit nous amener à agir par PATRIOTISME, à être PATRIOTES comme nous l’avons démontré par notre vote massif en faveur de l’alternance et du changement lors du scrutin du 27 août 2016.
Nos morts n’ont pas seulement besoin qu’on pleure pour eux, ils ont surtout besoin qu’on se batte pour eux et pour le Gabon pour lequel ils sont morts.
Nous avons besoin de la foi en Dieu et en l’Homme pour comprendre et croire que le changement est toujours d’actualité. Nous ne devons pas laisser l’opportunité à ceux qui ont lâchement fait arrêter, torturer et tuer des citoyens gabonais, d’assassiner notre rêve et notre espérance d’un Gabon nouveau, d’une Nouvelle République. […]
Le combat dans lequel nous nous sommes engagés n’est pas une affaire de temps ni de moyens, c’est surtout une question de détermination et de conviction.
C’est pour cela que je recommande à tous les Gabonais ayant voté pour l’alternance et le changement de ne pas trahir leur vote et leur conviction. Nous devons résister et encore résister, car l’adversaire ne compte pas seulement sur la force pour continuer à piller le pays, mais il compte surtout sur notre capitulation. Nous devons donc refuser de tourner la page.
[…]
Ils ont volé notre vote mais pas notre volonté de changement. C’est au nom de cette foi inébranlable au changement et à l’alternance que j’ai décidé d’aller jusqu’au bout. Oui jusqu’au bout. […]

La libération du Gabon

[…] Aujourd’hui encore, comme je vous l’ai déjà dit, plus rien ne vous retiens et plus rien ne doit vous retenir. Chacun de vous, où qu’il se trouve, avec ses moyens doit tout mettre en œuvre pour la libération de notre pays.
Pour ma part, je réaffirme mon engagement à aller jusqu’au bout, jusqu’à la libération totale de notre pays. Croyez-moi, cet engagement, je le tiendrai et quoi qu’il arrive notre cher pays le Gabon sera libéré.
Je vous assure que conformément à votre volonté largement exprimée le 27 Août 2016, j’exercerai le pouvoir d’Etat que vous m’avez confié.
Ainsi, la souveraineté populaire s’imposera.
A tous ceux qui sont partis pour nous libérer, la Patrie leur reste à jamais reconnaissante.
Vive le Gabon éternel et que Dieu bénisse notre chère Patrie.
Jean PING
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