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Mes chers compatriotes,

Je veux d’abord vous dire merci. Merci pour cet accueil chaleureux et patriotique que vous avez bien voulu réserver à celui que vous avez majoritairement élu le 27 Août 2016, votre Président, le désormais Président de tous les Gabonais.

Je veux enfin féliciter le comité d’organisation de cet accueil, présidé par un ami fidèle de la première heure, celui que vous appelez affectueusement Nza Fe, Monsieur le Premier ministre Jean Eyéghé Ndong que je vous demande d’applaudir avec toute son équipe.

Mes chers compatriotes,

Comme vous le savez, je rentre d’une importante tournée qui m’a conduit successivement à Paris, à Genève, à Bruxelles et à Berlin.

Cette tournée était importante parce qu’elle m’a donné l’occasion de préciser à mes prestigieux interlocuteurs l’essentiel de mon dernier message à la Nation du 2 juin 2017 dans lequel j’invitais la Communauté internationale à une médiation en vue d’une passation pacifique des pouvoirs entre l’usurpateur et le véritable vainqueur de l’élection présidentielle dernière, c’est-à-dire entre celui qui occupe la Présidence de la République par effraction et celui que vous avez majoritairement élu pour occuper cette même présidence.

Cette entreprise, commencée au lendemain du coup d’Etat militaro électoral, je ne l’ai pas décidée pour assouvir je ne sais quelle soif de pouvoir, encore moins pour simplement habiter un palais.

Comme je l’ai déjà dit dans mes précédents discours, le pouvoir je l’ai eu. Les palais, je les ai fréquentés à des endroits divers et variés à travers le monde.

Cette démarche est d’abord guidée par le devoir qui m’habite depuis que j’ai pris la décision de briguer la magistrature suprême, celui de rendre à ce pays ce qu’il m’a donné.

Ma démarche est ensuite guidée par le souci de préserver la paix et de favoriser la réconciliation entre les Gabonais que l’on a trop longtemps divisés à cause des appétits gloutons du pouvoir absolu qui rend absolument fou. Je suis un homme de paix, je ne suis pas un va-t-en guerre. J’ai passé une bonne partie de ma carrière à réconcilier et à rechercher la paix à travers notre continent. Je connais donc bien les ravages que causent souvent les guerres.

Ma démarche est enfin guidée par le désir ardent du peuple gabonais de sortir de ce cercle vicieux qui l’a trop longtemps assujetti ; « élections truquées, violences et massacres des populations, faux dialogue national et partage des postes entre l’usurpateur et celui qui a réellement gagné l’élection », on reprend les mêmes et on recommence.

Non, les Gabonais sont devenus un peuple politiquement majeur, un peuple considérable et le 27 Août 2017, ils ont décidé de prendre leur destin en main. Ils ont trop longtemps été méprisés et la mission qu’ils m’ont confiée ce jour-là, c’est de les faire sortir une fois pour toute de ce cercle infernal, de les faire rentrer définitivement dans la citoyenneté moderne.

Oui, mes chers compatriotes, vous êtes des citoyens libres dans un pays qui se veut libre. Vous êtes le peuple souverain qui n’accepte plus d’être marginalisé. Vous avez clairement dit à ceux qui vous ont toujours pris pour des grands enfants, « ça suffit comme ça ! »

Au cours de cette tournée, j’ai été émerveillé par l’accueil que la diaspora m’a réservé à Paris, Bruxelles et Berlin. C’est le lieu ici de dire encore merci à ces compatriotes qui portent avec fierté, admiration et courage le flambeau de la Résistance. Je n’ai pas manqué de leur demander de tenir bon et de rester unis dans leur diversité. Je sais que des tentatives de déstabilisation de notre diaspora sont honteusement orchestrées depuis le Gabon, avec parfois des relents pitoyablement tribalistes.

Ces agents perfides et minables sont bien connus, vous les connaissez parfaitement, habitués qu’ils sont de ces sordides manœuvres. Ce sont les mêmes qui, bientôt reviendront raser les murs du palais pour chercher une énième virginité politique.

A ces profito-situationnistes je dis tout simplement ceci : « on peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps »

Alors, vous allez me poser les questions suivantes, Monsieur le Président, quel est le résultat de cette tournée ? Qu’est-ce que vous avez ramené de cette importante tournée ?

Vous me pardonnerez de ne pas vous dévoiler ici et maintenant les résultats de cette mission. Tout ce que je peux vous dire, c’est que ce message porté jusqu’à un niveau insoupçonnable a été reçu cinq sur cinq, je dis bien cinq sur cinq et la terre promise est proche, très proche.

Je sais que vous êtes impatients de voir se terminer ce sournois bras de fer qui n’a que trop duré. Je peux vous dire que mes interlocuteurs en ont conscience. Ils souhaitent eux aussi que le Gabon retrouve le rythme normal d’un pays normal, parce qu’ils ont leurs intérêts ici, ils ne souhaitent donc pas que cette situation pénalise trop longtemps le cours normal de leurs affaires.

Voilà pourquoi, ils vont mettre tout en œuvre pour faire entendre raison à celui qui bouche notre horizon afin qu’il quitte le pouvoir. Et je crois que ce message lui est bien parvenu.

Je sais que certains autour de lui, ceux qu’on appelle les faucons, s’activent nuit et jour pour faire triompher l’imposture. C’est peine perdue, la roue de l’histoire tourne inexorablement et je leur dit qu’il est encore temps de se ressaisir. Après, il sera trop tard.

Mes chers compatriotes,

Je n’ai pas été élu pour exercer je ne sais quelle vengeance, je ne viens pas au pouvoir pour faire la chasse aux sorcières. Je viens réconcilier les Gabonais ; je viens reconstruire et on ne reconstruit pas un pays déchiré en remuant continuellement la vengeance.

A ceux qui hésitent encore sur la voie à suivre ; à ceux qui sont tentés d’utiliser la violence comme dernier recours, je vous le dis solennellement, la violence ne mènera nulle part, parce que la violence appelle toujours la violence. Mais si c’est l’option que le pouvoir a choisi, qu’il sache que le peuple gabonais ne se laissera pas faire.

Je veux en définitive rassembler ce qui est épars. Mais je viens surtout établir la Justice sans laquelle rien de solide ne peut se faire.

C’est le lieu ici d’en appeler encore une fois à nos frères et sœurs des forces de défense et de sécurité pour qu’ils comprennent que le pays ne pourra jamais se reconstruire sans eux, ils sont dans la République éternelle.

Je veux leur dire que nous allons gagner ensemble et très bientôt tout sera mis en œuvre pour relever notre pays. Dans l’esprit de cette remise en forme de notre pays, il est complètement inapproprié de vouloir opposer nos forces de sécurité et de défense aux populations désireuses de démocratie, de bonne gouvernance et de paix.

Les hommes passent mais la République demeure à jamais. Qu’ils ne se laissent pas emporter par les assoiffés de sang qui pensent à tort qu’il suffira de tuer encore et toujours pour que le pays redémarre.

Mes chers compatriotes,

Depuis que je me suis engagé à vos côtés, je vous ai fait la promesse de ne pas vous trahir et je ne vous trahirai jamais. Je me suis toujours senti en parfaite harmonie avec vous dans ce combat pour la libération de notre pays.

Au moment où nous commençons à approcher la fin, je voudrais vous supplier de ne pas baisser la garde, la victoire est à portée de main ; il ne tient qu’à nous de récolter ensemble les fruits de nos sacrifices multiples.

La Communauté internationale est entrain de nous aider sérieusement. Mais comme le dit si bien le dicton, « aide toi et le ciel t’aidera ! » La Communauté internationale ne viendra pas libérer le Gabon à notre place.

Il est plus qu’urgent que chaque Gabonaise et chaque Gabonais ait conscience que le dernier tournant est toujours le plus délicat et parfois le plus difficile. Nous sommes en résistance jusqu’à la libération finale. Et les plus belles victoires sont celles qui s’acquièrent à la force du poignet.

N’ayez plus peur, notre peuple debout et déterminé est sur le chemin de la victoire. Ils ne pourront plus vous arrêter. En avant, peuple gabonais résistant ! Le peuple c’est vous et c’est toujours vous qui avez le dernier mot. Le peuple c’est vous parce que votre souveraineté est supérieure aux petits calculs politiciens qu’on essaie de vous faire avaler à coup de déclarations fracassantes.

J’ai entendu parler du Ni-Ni c’est-à-dire ni l’imposteur ni celui à qui le peuple a accordé majoritairement ses suffrages. Je crois rêver !

Je ne sais pas par quelle tournure d’esprit on va demander à un peuple qui s’est souverainement exprimé de renoncer à sa souveraineté parce qu’un dictateur refuse de quitter le pouvoir qu’il a volé à ce même peuple. C’est comme si on disait à celui qui a volé, pillé, violé et qui occupe par effraction une maison de la quitter en même temps qu’on demande au propriétaire de la même maison de l’abandonner. Incroyable !

Peuple gabonais, ne vous laissez pas distraire ! Serrez les rangs, nous sommes sur la bonne voie. N’abandonnez jamais votre souveraineté, elle n’est pas négociable.

N’oublions jamais les paroles de ce jeune homme qui, avant de succomber aux balles des escadrons de la mort, lâchait péniblement ces paroles qui raisonnent encore en moi, « continuez le combat, ne lâchez rien, jusqu’au bout !» Ce jeune homme, de là où on l’a brutalement envoyé, nous observe. Ne l’assassinons pas une deuxième fois.

Quant à moi, je suis plus que jamais déterminé à parachever l’œuvre accomplie depuis plusieurs mois, je vous demande de croire en notre victoire finale qui n’est plus très loin.

Nos ancêtres nous accompagnent et Dieu est aux commandes pour que vive le Gabon.

Je vous remercie.

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